Congé maternité et salaire : 3 mois de référence, 21 % de prélèvements et un complément à vérifier

Pendant un congé maternité, le salaire habituel n’est pas automatiquement versé comme pendant un mois travaillé. Le contrat est suspendu et l’Assurance Maladie verse, si les conditions sont réunies, des indemnités journalières (IJ). Un complément de l’employeur peut réduire, voire combler, l’écart. C’est donc le dispositif applicable à votre situation qui détermine le revenu réellement perçu.

Ce que vous percevez réellement pendant le congé maternité

Dans le secteur privé, la CPAM remplace en principe le salaire par des IJ maternité pour chaque jour du congé, y compris les samedis, dimanches et jours fériés. Aucun délai de carence ne s’applique : l’indemnisation commence dès le premier jour du congé maternité.

Élément Qui le verse ? Ce qu’il faut retenir
Salaire habituel Employeur Il n’est pas dû par défaut pendant la suspension du contrat.
Indemnités journalières maternité CPAM ou MSA Elles compensent partiellement la perte de rémunération, dans une limite réglementaire.
Complément de salaire Employeur Il dépend d’une convention collective, d’un accord d’entreprise ou du contrat de travail.

Nous distinguons le maintien de salaire, qui garantit une rémunération selon des conditions précises, de la subrogation, qui concerne uniquement le circuit de paiement. Avec la subrogation, l’employeur reçoit les IJ à votre place et continue de vous verser une paie. Cela ne signifie pas forcément que votre revenu est maintenu à 100 %.

Calculer les indemnités : du brut au montant versé

Les salaires retenus et le plafond

Le calcul repose sur les salaires soumis à cotisations des trois mois précédant le début du congé. Pour une activité saisonnière ou discontinue, la période de référence s’étend à douze mois. La rémunération prise en compte reste plafonnée. Au 1er janvier 2026, le plafond mensuel de la Sécurité sociale est fixé à 4 005,00 €.

Les IJ ne correspondent donc pas à votre salaire net habituel. Elles sont calculées à partir du brut de référence, puis soumises à une retenue forfaitaire de 21 % au titre de la CSG et de la CRDS. Elles restent aussi imposables à l’impôt sur le revenu. Au 1er janvier 2026, l’indemnité journalière maximale annoncée est de 104,02 €.

À titre de repère, pour un salaire de 2 000 € bruts mensuels, une estimation citée aboutit à environ 1 453 € nets d’IJ par mois. Ce montant ne permet pas de transposer automatiquement le calcul à votre situation. Les primes, le temps partiel, un changement d’employeur ou le plafonnement peuvent modifier la base retenue. Nous vous conseillons de vérifier votre estimation avec le simulateur d’indemnités journalières maternité d’ameli.fr.

Ne mélangez pas net payé, net fiscal et IJ

Pour préparer votre budget, séparez trois données : le brut soumis à cotisations, les IJ après prélèvements sociaux et le montant qui restera imposable. Cette méthode évite de comparer directement les IJ avec le seul net indiqué en bas du bulletin de paie. Ajoutez aussi les dépenses qui continuent pendant l’absence, comme la mutuelle, le logement, le transport ou la garde. Vous mesurerez ainsi l’écart de trésorerie, plutôt qu’un simple pourcentage de salaire.

Vérifier vos droits avant le début du congé

Pour ouvrir droit aux IJ maternité, il faut notamment justifier de six mois d’affiliation à la date présumée de l’accouchement. Il faut également avoir travaillé au moins 150 heures durant les trois mois ou 90 jours précédant le congé, ou avoir cotisé sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six mois précédents, soit 12 494,65 € dans l’exemple de référence.

Pour les activités saisonnières ou discontinues, les CDD et l’intérim, l’examen peut porter sur douze mois : 600 heures travaillées ou une rémunération équivalant à 2 030 fois le SMIC horaire, soit 24 989,30 €. Une période de chômage ne ferme pas automatiquement les droits. En revanche, l’allocation France Travail est suspendue pendant le versement des IJ et les droits sont reportés.

La durée habituelle est de 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant, réparties entre 6 semaines avant et 10 semaines après la naissance. Elle atteint 26 semaines à partir du troisième enfant, 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus. Ces durées modifient directement le total perçu : une estimation mensuelle ne suffit donc pas.

Organiser les démarches et prévenir les retards de paiement

Informez votre employeur de votre départ en congé et conservez une trace écrite de la date communiquée. L’employeur doit transmettre une attestation de salaire à l’Assurance Maladie. Ce document permet de calculer les IJ. Sans lui, le paiement peut être retardé, même si vos droits sont ouverts.

  • Déclarez la grossesse dans les 14 premières semaines auprès de la CPAM et de la Caf, ou de la MSA selon votre régime.
  • Demandez au service paie si une subrogation est appliquée et si un complément conventionnel existe.
  • Consultez votre convention collective, l’accord d’entreprise et votre contrat pour identifier une éventuelle garantie de maintien.
  • Conservez les bulletins de salaire, les décomptes d’IJ et les échanges avec la CPAM. Les relevés d’IJ peuvent servir à justifier vos droits à la retraite.

Les IJ sont versées en moyenne tous les 14 jours. Si aucun versement n’apparaît alors que le congé a commencé, vérifiez d’abord auprès de l’employeur que l’attestation de salaire a bien été transmise, puis consultez votre dossier sur ameli.fr. En cas d’écart persistant, demandez le détail du calcul. Une prime oubliée, une période de référence incomplète ou une date de congé erronée peuvent expliquer le décalage.

Le maintien employeur : une protection possible, jamais à présumer

L’employeur n’a pas, par principe, à compléter les IJ maternité. Cette obligation peut toutefois figurer dans votre convention collective, un accord de branche, un accord d’entreprise ou une clause contractuelle. Vérifiez aussi les éventuelles conditions d’ancienneté, les éléments de rémunération inclus et la durée du complément.

Le risque le plus courant consiste à préparer son budget sur l’hypothèse d’un salaire maintenu sans avoir vérifié le texte applicable. Nous recommandons d’obtenir une réponse écrite du service paie précisant le montant versé, la part d’IJ subrogées et l’éventuel complément employeur. Cette vérification, idéalement plusieurs semaines avant le congé prénatal, laisse le temps de corriger un dossier et d’anticiper une baisse de revenus.